| Lychee ( @ 2009-09-09 09:55:00 |
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Semaine de la Fic : Mercredi
Youhou, ça y est, j’ai fait ma mononucléose !
Ma chère maman/médecin et moi venons enfin de trouver la raison pour laquelle j’étais fatiguée et – surtout – irritable depuis plus d’un mois. (Je savais bien qu’il devait y avoir une raison.) Bon allez, plus qu’une petite semaine à tirer.
Je pensais qu’une mononucléose serait plus terrible que ça (dit la fille qui a passé sa première semaine à faire des malaises, n’a pas eu le courage de faire dix minutes de sport en un mois, et a passé son temps à râler sur la Terre entière). Le pire étant, je ne l’ai même pas chopé en embrassant une belle créature, mais en buvant au même verre qu’un de mes amis…
Ah, je me sens mieux.
Et sans tarder, la suite.
~oOoOoOo~
Littérature
Chapitre Sixième
Que faire, que faire.
~oOoOoOo~
"- Hey.
- Hey.
Le journaliste leva les yeux vers lui, souriant légèrement.
- Je suis vraiment désolé pour hier, dit l'Attrapeur en se laissant tomber sur une chaise. Mais un de mes amis avait vraiment besoin que je lui tienne compagnie.
- Pas de problème. Il y a des fois où on n'a pas le choix, répondit le jeune homme d'un ton compréhensif.
Le jeune sportif poussa intérieurement un long soupir de soulagement. Il avait craint que les choses ne se passent bien plus mal, que l'homme, qui possédait un caractère souvent agressif et une langue acérée, ne lui fasse des reproches, ne cherche à en savoir plus, ou mette carrément sa parole en doute. Mais Sebastian semblait comprendre la situation, et ne rien lui reprocher. Il se plongea une fois de plus dans la contemplation de son compagnon, de ses traits fins, de ses yeux sombres qui ne laissaient rien paraître, y chercha une infime trace d'agacement ou de désintérêt, mais n'y trouva qu'un confort tranquille.
Le jeune homme haussa un sourcil comme pour l'interroger sur la raison de cette inspection, puis lui sourit."
- Ca pue, songea Ron à haute voix. Il n'y a aucun moyen pour que ça se passe comme ça.
Oh, non. Il serait plus probable que le journaliste, avec son sale caractère, l'envoie balader et ne le revoie jamais. Après s'être moqué ouvertement de son attachement puéril pour son entraîneur, qu'il devait avoir deviné dès le départ, vu qu'il était très intelligent.
Ou alors, le journaliste tenait déjà énormément au jeune joueur, mais Ron ne pouvait vraiment pas comprendre pourquoi. Son héros n'était qu'un ado attardé, sirupeux, indécis, et irresponsable. Il le haïssait, décida-t-il, et d'abord, pourquoi le journaliste s'appelait-il à présent Sebastian ?
Ron laissa tomber sa tête sur le bois dur d'une des tables de la Tête de Chien. L'heure de leur rendez-vous habituel était dépassée depuis un quart d'heure, il savait que Sebastian avait eu sa lettre, et un sentiment terrible commençait lentement à lui tordre le cœur et lui soulever les boyaux. Il avait envie de vomir. Sebastian ne viendrait pas. Il ne le verrait plus jamais. Plus jamais. De toute son existence.
- Ce paragraphe m'a l'air cruellement raturé.
Ron bondit littéralement sur sa chaise, et faillit se mettre à pleurer en avisant Sebastian qui se tenait face à lui, l'air sérieux, mais amical.
- J'ai… j'ai cru que tu ne viendrais pas, bredouilla-t-il. Je sais que c'est ridicule, mais je m'en veux vraiment, vraiment.
Le jeune homme s'assit de l'autre côté de la table, avec un petit sourire, et un sentiment encore plus glacé saisit Ron à l'estomac. Peut-être qu'il s'était complètement gouré. Peut-être qu'il n'intéressait même pas Sebastian, qui ne voyait en lui qu'une connaissance agréable à fréquenter, mais sans grande importance. Peut-être que Sebastian n'en avait strictement rien à faire de lui.
Peut-être que Sebastian ne l'aimait pas.
Les paroles qui suivirent lui permirent de calmer sa panique.
- J'avoue que j'ai hésité, dit Sebastian d'une voix lente, comme s'il avait du mal à parler. Mais d'abord, je dois aussi te dire quelque chose… 'Andrew'. (Il eut un rictus ironique en prononçant le nom, mais sans agressivité.) Je ne m'appelle pas Sebastian et je ne suis pas, moi non plus sous mon apparence réelle.
Ron resta pétrifié, le temps que l'information se fraye un chemin jusqu'à ses petits neurones. Puis il inspira profondément.
- C'est vrai ? demanda-t-il.
Sebastian hocha la tête. Ron cligna des yeux.
- J'ai bien envie d'éclater de rire, dit-il enfin, mais en même temps…
- Pour répondre à une partie des questions qui doivent se bousculer dans ta petite tête : non, je ne suis pas un vieux de 80 ans crachotant ; non, ce n'était pas un plan pour se moquer de toi ; oui, j'ai vraiment apprécié les samedis que nous avons passé ensemble ; et oui, il s'agit plutôt de circonstances bizarres qui m'ont amenées jusqu'ici.
- D'accord, dit Ron après réflexion.
- C'est assez comparable à ce que tu essayais de me dire dans ta lettre ?
- Oui.
- Bien.
Ils restèrent quelques instants silencieux.
- Je ne suis pas non plus un petit vieux de 80 ans crachotant, dit finalement Ron.
Ses paroles amenèrent un sourire sur les lèvres de Sebastian, qui se détendit visiblement.
- Tu me rassures.
- Et… et maintenant ?
Sebastian se passa une main sur le visage.
- Je ne pense pas que ça puisse marcher, dit-il finalement.
Ron se mordit les lèvres, retenant ses protestations. Il n'y croyait pas non plus. Même s'ils continuaient à se voir de cette façon, ils finiraient par arriver à un moment où leurs rencontres hebdomadaires ne leur suffiraient plus. Ou bien, ils apprendraient l'un sur l'autre des choses qu'ils ne tenaient pas à se révéler, chacun pour des raisons personnelles. Et si les raisons de Sebastian étaient aussi bonnes que les siennes, les choses risquaient de se terminer en belle dégringolade.
- Je suppose que non, admit-il enfin.
Il lut dans le regard de son compagnon qu'ils partageaient les mêmes pensées.
- On en reste là ?
- Oui.
Comme dans un cauchemar, Ron se vit sortir hors de l'auberge, se tourner une dernière fois vers celui qui était encore, pour quelques secondes, son premier amour, et l'embrasser. C'était un baiser mécanique, comme si leurs esprits s'étaient déjà résignés.
Puis Sebastian s'éloigna.
~oOo~
"- Je ne vois pas comment ce serait possible.
Le médecin saisit la main de son jeune patient, assis à côté de lui sur le rebord du lit.
- Bien entendu, tu peux rester autant de temps que tu le voudras chez moi. Je t'aiderai même pour le financement de tes études. Tu devrais tout de même prévenir tes parents que tu es ici. (Il fit un effort immense pour maintenir la fermeté de sa voix.) Mais je ne pense pas que ce serait une bonne idée de… d'aller plus loin. Entre nous. Tu comprends ?
L'adolescent, les yeux rivés au sol, hocha légèrement la tête.
- Je vais aller te chercher de quoi te changer.
Il s'enfuit, avant que les deux grands yeux dorés suppliants ne le fassent changer d'avis."
Et il avait parfaitement raison, songea Severus. Quand ça ne peut pas marcher, ça ne peut pas marcher. Et puis c'est tout.
Il reposa le roman, peu enclin à compatir aux malheurs des deux héros. Il ne compatissait déjà pas habituellement à ceux de ses contemporains, alors deux personnages fictifs… Il regarda autour de lui, désœuvré. Il avait une cinquantaine de copies à corriger…
- Oh, nom de dieu ! s'exclama son reflet. Tu as tiré la tronche toute la journée. Si tu es si triste, tu n'as qu'à changer d'avis !
Severus l'ignora.
- Regarde-toi ! continua le miroir. T'étais déjà pas joyeux à vivre, mais si à présent je dois me taper cette expression tous les matins, je préfère encore me suicider tout de suite.
Même ses meubles le laissaient tomber, songea Severus avec une certaine satisfaction dépressive.
- Et si tu te servais un verre ? suggéra le reflet d'un ton inquiet. Tu me fais vraiment peur, là.
- C'était destiné à finir comme ça dès le départ, dit finalement Severus.
- Oui, et tu le savais non ?
Il le savait. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir mal.
Il se sentait tout d'un coup très très vieux. Trop vieux pour recommencer quoi que ce soit.
- Pourquoi tu ne tentes tout de même pas le coup ? Qu'est-ce que tu as à perdre en lui disant tout ?
Ce qui lui restait de dignité. Sans compter qu'il n'était pas certain de se remettre d'un dernier choc.
- Tu as raison, dit-il enfin en saisissant son manteau. Je vais aller boire un coup.
- J'ai toujours raison, lui cria le miroir. Je suis toi !
Ses pas le menèrent naturellement jusqu'à la Tête de Chien. Il y avait passé une dizaine d'après-midi paisibles et en bonne compagnie, mais c'était la première fois (depuis bien longtemps) qu'il y pénétrait sous sa vraie apparence, et le patron ne lui jeta pas plus d'un coup d'œil. (En y réfléchissant, c'était déjà le cas quand il était avec Andrew.)
Cette fois, il s'installa au comptoir, et entreprit de boire comme il ne l'avait pas fait depuis bien longtemps.
~oOo~
"- Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit hier soir, prononça pensivement l'entraîneur en s'asseyant sur le banc à côté de lui. Tu as raison. Je n'ai pas le droit de juger. Et je m'excuse si je t'ai blessé… d'une façon ou d'une autre…
Le jeune Attrapeur lança un regard incrédule à l'homme, qui détourna le regard, comme embarrassé. Okay. Concrètement, l'homme sur qui il fantasmait depuis des mois venait de lui dire qu'il acceptait son homosexualité et voulait rester ami avec lui. Il aurait dû bondir de joie. Au lieu de ça, il ne ressenti qu'un grand soulagement et une envie de pleurer. Merlin, il se comportait vraiment comme une fille ces derniers temps.
- Ce n'est pas grave, répondit-il en souriant. Parfois, on ne se pose pas de question sur certains sujets, et quand on s'y retrouve brutalement confronté, on réagit de façon souvent de façon irréfléchie. Et puis, votre femme vient de vous quitter, vous ne devez pas vous sentir très joyeux.
L'entraîneur eut l'air profondément soulagé, puis sourit à son tour.
- En fait, dans un sens, je me sens plus… léger. Ca faisait longtemps que ça ne marchait plus trop bien entre elle et moi.
Le jeune homme sentit ses oreilles se dresser.
- Vous paraissiez très heureux, pourtant, dit-il d'une voix prudente.
- C'était surtout pour les apparences. Je crois… je crois que je vais m'asseoir dessus, et essayer de rencontrer de nouvelles personnes. Ca doit bien faire 20 ans que je n'ai pas eu de rendez-vous galant ! ajouta-t-il en riant.
Oh.
Oh.
Une partie de l'esprit du joueur se mit immédiatement à réévaluer la situation tandis que l'autre se mettait à courir dans tous les sens en hurlant.
- Est-ce que… (Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, le jeune homme vit son entraîneur se gratter la joue d'un air embarrassé.) Est-ce que tu fais quelque chose de particulier ce soir ? "
Voilà, songea Ron. Le jeune joueur allait finir avec son entraineur, et tout rentrerait dans l'ordre. Adieu les sombres journalistes mystérieux. Adieu les incertitudes et les pulls aux cols en V et les conversations passionnantes et ce regard sombre qui –
- OUAAAAAIIIIIIINNNH !
Assise à côté de lui sur l'herbe, Hermione lâcha son livre de surprise, puis se tourna vers lui.
- Ron ! Oh Merlin, mais qu'est-ce que… ?
- Je l'aiiiiIIIIIIIIMMMMMEEEE ! beugla Ron en sanglotant à tout va.
- Oh, Ron, viens là…
Son amie le prit dans ses bras et lui caressa la tête.
- Tu sais, dit-elle au bout d'un moment alors qu'il reniflait bruyamment, tu devrais peut-être au moins tenter le coup. Sinon tu le regretteras toute ta vie.
- Mais… mais si je lui plais pas ? Qu'est-ce qui pourrait bien l'intéresser chez un adolescent trop grand avec des tâches de rousseur ? Et si c'est lui qui me plaît pas ? S'il était moche, ou gros, ou que c'était un loup-garou ou un vampire ? Hein ?
- A ce qu'il paraît, dit distraitement Hermione, le sexe avec les vampires et les loups-garous est très bien.
- C'est pas ça le problème ! C'est que je me suis fait à la façon dont ses yeux brillent quand il parle, aux mouvements et à l'élégance de ses mains, et à son rictus ironique quand quelque chose l'amuse, et –
- Okay, ça suffit, je vais mourir de diabète, l'arrêta la jeune fille. Bon. Dans ce cas, pourquoi tu ne vas pas discrètement à la Tête de Chien, sous ta vraie apparence, et tu n'essaie pas de le repérer sous sa vraie apparence à lui ? D'après ce que tu m'as dit, il est toujours assis à la même table, seul, en train de bouquiner, non ? Il y a peut-être une chance pour qu'il y retourne mais sans se métamorphoser ?
Ron eut l'air horrifié.
- Je serais quelqu'un d'horrible de faire ça !
Hermione réfléchit un quart de seconde.
- Oui.
- D'accord, dit Ron.
~oOo~
"L'adolescent se tournait et se retournait dans le grand lit, incapable de trouver le sommeil. Les draps étaient imprégnés de l'odeur du jeune médecin, qui lui avait abandonné sa chambre pour aller dormir dans le salon, en attendant qu'ils aient acheté un autre lit.
Une preuve de plus de son extrême gentillesse à son égard… qui ne resterait que de la gentillesse. Rien de plus."
- Oh, par Merlin, arrête de te torturer et va lui sauter dessus, grommela Severus en refermant le livre d'un geste sec.
Avec un grognement, il le glissa dans une de ses poches. La Tête de Chien n'était peut-être pas l'endroit le plus approprié pour lire ce genre d'ouvrage, surtout sous son aspect véritable.
- Un autre whisky ? proposa le tavernier.
Severus hocha la tête.
Il perçut du coin de l'œil quelqu'un s'installer sur le tabouret voisin. Prenant une gorgée de son verre, il lui jeta un coup d'œil distrait, et faillit recracher ce qu'il avait dans la bouche. Ronald Weasley lui rendit un regard peu amène.
- Je peux savoir ce que vous faites ici ? demanda sèchement Severus.
Le mioche haussa un sourcil en apercevant les cinq verres alignés sur le comptoir.
- Sans doute comme vous. Et j'ai eu dix-sept ans il y a longtemps, alors fichez-moi la paix.
Et sur ces mots, il entreprit de rattraper Severus avec alacrité. Ce dernier haussa les épaules : après tout, tant que Weasley n'essayait pas de lui faire la conversation… Replongeant dans ses sombres pensées, il cessa de s'en préoccuper.
Pendant une heure, il resta donc là à siroter ses whiskies, jetant de temps à autre un coup d'œil vers la table où Sealloy et lui avaient coutume de s'installer, et qui restait imperturbablement inoccupée. De toute façon, si l'homme avait été là, il se serait mal vu l'aborder. Il soupira en réalisant qu'il serait sans doute resté là à le contempler comme une groupie énamourée. Ce qu'il était devenu. Il fallait vraiment qu'il envisage de se suicider.
A côté de lui, Weasley, passablement éméché, laissa échapper son verre qui se renversa sur le comptoir et ses genoux.
- Crotte, balbutia l'adolescent.
Severus, trop fatigué pour être de mauvaise humeur, lui tendit son mouchoir.
- Merci, dit le rouquin un peu surpris.
Severus marmonna quelque chose d'inintelligible. Puis il remarqua, avec intérêt, que le regard de son élève semblait dériver vers la même table que celle qui l'intéressait. Avec toute l'expérience qu'il avait acquise en tant qu'espion Mangemort à plein temps, il observa attentivement le jeune homme, et il ne lui fallut que dix minutes pour conclure que Weasley était aussi obsédé par cette fichue table que lui-même.
Etrange.
Puis la lumière se fit dans son esprit embrumé par les vapeurs d'alcool : Weasley avait également le béguin pour Sealloy. Il était même possible qu'il était été présent à plusieurs de leurs rencontres, même si Severus était trop occupé à bavarder avec l'écrivain pour le remarquer.
Le vieux maître des Potions sentit une – très – rare vague de commisération l'envahir.
- Encore un verre, demanda-t-il au tavernier. Et pour le jeune homme aussi.
Cette fois, ce fut un regard carrément méfiant que lui lança Weasley.
- Quoi ? aboya Severus. Si vous préférez payez vous-même, allez-y, je vous en prie.
Le garçon sembla réfléchir une fraction de seconde, puis décida de profiter de l'occasion.
- Non, ça va, merci, dit-il en saisissant son verre. Et vous, qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il quelques instants plus tard.
- Sans doute comme vous, répliqua en reprenant ses paroles.
- Je suis venu me bourrer la tronche parce que j'ai le cœur brisé, débita le gamin.
Exactement comme vous, alors, songea Severus.
- Et vous comptez sur moi pour écouter tous vos malheurs ? demanda-t-il d'un ton acerbe.
- Ca dépend. Vous allez vous moquer de moi ?
- Sûrement.
- Ca me ferait peut-être du bien, dit pensivement Weasley.
Puis il s'écroula de son tabouret, ivre mort.
A suivre.
Vous pouvez relire les anciens chapitres ici : http://www.fanfiction.net/s/2169151/1/L